« Le Cinéma Russe nous offre-t-il une vision du Destin ? »
Le mot destin est souvent employé par les Russes ; on peut même dire que c’est un mot-clé de la civilisation russe. Loin d’être, comme le pensent souvent les occidentaux, une puissance mystérieuse, entraînant au fatalisme et à la passivité, le « destin russe » serait plutôt à comprendre comme ce qui exige un choix à un moment décisif de la vie. C’est ce qui ressort des films que nous vous présentons. Beaucoup sont inédits en France et ont obtenu des récompenses prestigieuses. La plupart, nous ont été aimablement prêtés par l’Agence Fédérale de Russie pour la Culture et le Cinéma, en la personne de Madame Marina Blatova, responsable de l’organisation des festivals à l’étranger, que nous remercions ici tout particulièrement.
Dans la culture russe, avant que le destin n’ait décidé, le futur reste imprévisible, et l’homme peut encore le changer, ce qu’illustrent à merveille les films Une Saison de pêche de Valery Ogorodnikov, Le Jeu russe de Pavel Tchoukhraï, Romance cruelle d’Eldar Riazanov...
Le destin peut aussi être comparé à un chemin que chacun choisit seul pour atteindre le bonheur, comme le font les personnages de ces films : Franz+Polina de Mikhail Segal, Voyage avec des animaux de compagnie de Vera Storozheva, Une Saison de pêche de Valery Ogorodnikov, Le Jeu russe de Pavel Tchoukhraï, Le Gros Lapin stupide de Slava Ross, Romance cruelle d’Eldar Riazanov...
Le bon destin se confond parfois avec le bonheur : on en prend conscience après coup, quand il est déjà trop tard. Le bonheur n’est pas une réalité mais un souvenir, ce que montrent Lumière sur le plateau d’Alexander Pozdnyakov, La Mascarade russe de Youli Lourié, Un chauffeur pour Véra de Pavel Tchoukhraï...
Enfin, l’acceptation du destin peut aussi être un moyen de faire face à la vie comme en témoignent les personnages attachants des films : La Brigade d’agitation « Tue l’ennemi ! » de Vitaly Melnikov, Alexandra d’Alexandre Sokourov, Franz+Polina de Mikhail Segal, La Dame au petit chien d’Iossif Kheifis, Romance cruelle d’Eldar Riazanov, Le Bannissement d’Andrei Zvyaguintsev...